" Tu sais , la vie ne t'attend pas "

 " Tu sais , la vie ne t'attend pas "
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La main sur sa poitrine, elle touche son coeur .
_ Je suis malade Lilly .
Son regard se voile . Elle le sait . Elle en tremble . Elle monte sur le lit , se serre contre lui , enfouie sa tête dans le creux de ses bras . Et elle pleure , doucement . Il lui avait caché du mieux qu'il pouvait sa souffrance . Mais elle savait . Il y avait ce petit truc glacial qui flotte dans l'air et qui fait éclater l'espoir comme des bulles de savon . Sa main griffe les draps , il ne mérite pas ça . Alors elle avait espéré . Elle avait croisé les doigts , juré au ciel . Préférer croire en l'erreur et mentir à la maladie , lui dire qu'elle n'existe pas . Fermer les yeux pour ne pas voir , songer oublier et se laisser bouffer par l'indécis , se gaver d'illusions . Préférer ne pas savoir . Ne rien demander . Se taire . Ce qui n'a pas de nom n'existe pas . Et puis elle s'était dit que si elle fermait les yeux et y croyait assez fort , elle les laisserait tranquille . Mais quand elle les ré-ouvrit , elle était encore là . Alors , elle prend sa main , enlace ses doigts , et lui chuchote :
_ Moi aussi , je suis là ... Tout ira bien .
Et elle s'effondre .
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# Posté le jeudi 05 février 2009 09:27

Modifié le dimanche 22 février 2009 04:54

"Quand il s'approche un peu trop près , elle ferme les yeux"

"Quand il s'approche un peu trop près , elle ferme les yeux"
_ Elle garde précieusement son c½ur de lune alors que pour elle j'ai perdu mon c½ur de voyou. Elle m'a raconté que c'est parce qu'elle a retenu le secret des étoiles. Que c'étaient lors d'une ses nuits d'oublie, que les astres lui avait chuchoté le remède à ses blessures. Quand tout ne semblait plus trop avoir de sens, quand elle avait le blues et qu'elle allait se perdre dans la nuit, sortait tard le soir trimbaler ses émotions sous le ciel. Quand le petit papillon aux ailes fragiles, qu'elle était, se brûlait un peu trop aux lumières du soir. Vous savez, elle s'était laissé tomber dans le vide et avait accepté le pacte. Elle offrait ses nuits à des bouches anonymes, qui lui faisaient oublier ses questions en n'en posant pas. Ils prenaient son corps puisqu'elle n'avait rien d'autre à leur donner, parce que c'était tout ce qu'il lui restait. Mais elle existait dans leurs yeux, fantôme arrogant, et leur désir lui faisait un peu se sentir vivre. Alors, elle étouffait ses sentiments dans leurs mouvements de hanche, martelais leurs reins plutôt que son visage, prenait n'importe quoi plutôt que de tout perdre, puis elle se perdit elle-même, puisqu'il devait en être ainsi. Mais un soir de pleine lune, quand la nuit vient mourir sous le petit matin, la dernière étoile regarda l'arrogance délicate de cette petite funambule quelque peu désenchantée et lui révéla le mystère «Regarde moi, poupée de la nuit, ne suis-je pas belle ? Et pourtant ce qui attire les hommes ce n'est que ma lumière. Peut importe que je sois la dernière à briller devant l'aurore, que les planètes me préfèrent et que je sois amoureuse de la lune. Dans les yeux d'un homme, je suis une parmi tant d'autres. Alors pour ne pas être triste, toi aussi, ne t'attarde pas sur une seule lumière, même si elle brille un peu plus fort, car dans son éclat elle ne te voit même pas. »

...Il se tait un instant. Lui aussi, il avait été comme ça. De ces personnes qui faisaient parler d'elles, inconsciemment. De ces Don Juan, que tu croyais connaitre avant de leur avoir parlé, les orgueils blessés de leurs conquêtes passés racontant leur visage à qui veut bien l'entendre. Charismes qui attirent autant qu'on les renie, qui font tourner la tête, que possèdent ces inconnus sur lesquels on se retourne. Oui, il est de ces étoiles qui brillent si fort, qu'elles rendent le monde un peu plus flou, qu'on ne voit plus qu'elles, de celles où on se brûle. Alors, si tu le croisais au hasard d'une rue, ton regard l'accompagnerait. Tu le dévisagerais et songerais qu'il est beau. Peut être trop. Tu t'en méfierais délicieusement et tes yeux embrasseraient l'intéressé. Mais il resterait impassible, il n'y a rien en dehors : monsieur cache si bien ses émotions à l'intérieur.
...Il secoue sa tête, chasse ses souvenirs de joli c½ur. Un sourire triste.

_ Pauvre petite étoile. Je crois que la nuit a quelque chose de malsain mais tout aussi magique, comme si le temps s'était suspendu, intemporelle. Elle devrait un jour rencontrer le soleil et voir que parfois à l'aube, des personnes précieuses te regardent dormir. Oui, moi si j'étais le soleil, j'aimerai lui dire, à mon c½ur de lune, qu'il faut laisser une petite chance à l'amour. Que je pourrais être la surprise de sa vie. Celle qui chamboule, creuse le bide, explose les yeux, chatouille le c½ur. Sa peau au bout de mes doigts, ses lèvres qui me réclameraient et sa tête qui m'appartiendrait. Elle pourrait être celle dont je parlerais trop, ou dont je tairais l'existence pour la posséder un peu mieux. Me voit-elle sourire juste parce qu'elle serait près de moi ? Et mon regard qui la veillerait jusque dans son sommeil. Je lui écrirais des mots d'amour et serais une de ces belles choses qui lui soient arrivées. Moi, j'ai vendu mon âme de voleur, juste pour ton sourire. Alors accorde de moi cette danse, et aime, jolie môme. Aime.

# Posté le mardi 13 janvier 2009 05:24

Modifié le dimanche 22 février 2009 04:54

La main sur la porte , elle sait qu'elle ne reviendra pas . Alors , elle le regarde une dernière fois et ses jambes chancelent .
_ As-tu remarqué comme la mémoire est étrange ?
Etrange . Il eut un sourire triste . Etrange . Elle venait de briser le trop lourd silence d'années qu'il avait foutues en l'air , par ce mot qu'elle employait bien trop souvent . Avec elle , une personne était étrange , une fleur , une publicité , une musique , une parole , un geste , un père ... Et pendant , qu'il savoure ce mot sans sens , elle continue sans plus le voir , des larmes dans ses mots .
_ J'ai un tas de souvenirs inutiles dans ma tête , comme les couleurs des ballons de mon quinzième anniversaire , le soir où je soutenais A. qui avait trop bu , et cette matinée où j'étais tant à fleur de peau que je fis un monologue à mon poisson rouge ... Photographies vides d'un passé proche mais tout aussi superflu , je me rappelle d'instants effaçables et tout aussi stériles mais ai gardé très peu d'images de mon enfance . Pourtant , je n'oublierai jamais ce jour .
Elle eut un sanglot qui lui secoua le coeur , et il s'accrocha à ses yeux .
_ Elle était belle , tu sais . Maman . Si belle . Car même coupée en deux par l'amour qui s'était envolé , elle était forte et digne , droite dans sa douleur , femme admirable , souffrante , brisée . Je la vois encore , là où je suis à cet instant , une main sur la porte cherchant un ultime regard que tu lui refusa par fierté . Alors , elle prit ses valises et partit . Aujourd'hui , ce sont tes mêmes yeux qui me supplient de leur accorder grâce . Et je te regarde , je vois tes épaules que son départ plia , son fantôme dans tes yeux qui ne savent plus voir , tes bras vides , ton coeur pourri , les ravages du chagrin , tes mains dures , si dures ...
Elle s'effondre , glisse le long de la porte , s'écroule par terre . Soudain , il se met à parler et elle sursaute sous le son de sa voix qu'elle avait oublié .
_ Et aujourd'hui , je te regarde , car je sais que c'est la dernière fois . Tu es devenu une femme , sans que je ne m'en rende compte . Je crois , que je ne t'ai juste jamais regardé pour toi . Tu étais celle qui était restée là , celle qui ne remplaçait pas , qui n'apaisait pas , qui me rappelait juste tout ce que j'avais perdu , ce qui n'était plus là . Tu n'étais plus ma fille . Non , tu étais mon néant , mon erreur et mon amour perdu . Et le chagrin faisait danser mes mains sur ton visage qui lui ressemblait tant . J'ai été si maladroit avec toi mais j'étais juste perdu , tu sais . Je me suis retenu un peu trop fort à toi pour ne pas me casser la gueule complétement .
Elle leva son visage vers lui . Lui souria d'un mouvement de lèvre lointain , lui murmura un "prends soin de toi" et elle partit aimer .

# Posté le lundi 12 janvier 2009 08:52

Modifié le dimanche 22 février 2009 04:54

"Les femmes aiment les hommes qui n'ont pas besoin d'elles "

"Les femmes aiment les hommes qui n'ont pas besoin d'elles "
Jeudi 1er Janvier 2009 . 00h00 . Ca sonne .

" Allo ?
_ Bonne année Bello .
Et elle entend son sourire à l'autre bout du monde .
_ Raconte moi .
_ L'air est humide et je suis seule au sommet d'un immeuble , j'attend que le soleil se lève -je pense à toi ... Hier , une année est morte en beauté sous des éclats de rires. Mes souvenirs sont déjà un peu flous . Je sais surtout que tu n'étais pas là , et que je me sentais seule . Alors j'ai mis une jolie robe , je me suis maquillée , ai enfilé ces talons que tu aimes tant et je suis sortie . Il faisait froid mais la rue était joyeuse , donc je me suis suspendue au bras de jeunes filles et je suis rentrée avec elle dans une maison inconnue . Après , je ne me rappelle plus bien . Je sens juste ces mains qui attrapèrent les miennes et me firent tourner à en perdre la tête . J'entends encore le bruit des pieds qui dansaient à la mémoire des jolis souvenirs , et partout des bouches perdaient dans l'alcool tout ce qu'elles désiraient oublier . On fêtait la nouvelle aurore , les jambes chancelantes , la tête joyeuse et le c½ur en miettes d'avoir trop bu . Et moi , je m'enivrais à ton absence ... "
Elle se tait un instant , tous les verres qu'elle avait levé pour lui faisant encore un peu danser le monde .
" J'aimerai que tu sois là ..."
Sa voix se brise .
" Tu m'aurais fait danser ce soir , ou m'aurais regarder valser et je me serais senti belle , juste parce que tes yeux ne m'auraient pas quitter . Je t'aurai pris la main quand le décompte aurait commencé , je t'aurai emmené ici . & comme tout ça aurait eu quelque chose de magique , mon c½ur se serait un peu affolé et je t'aurai dit ces choses qu'il ne faut pas dire ...
_ C'est quoi ces choses ? "
Alors elle lui chanta tout bas quelques paroles de Saez
" s'il te plaît prends ma main ne te fais plus attendre il est temps de s'étendre , de s'éteindre ..."
Elle se souvenait pas trop dans quel sens c'était , c'était pas trop grave , pourtant elle pleurait ." J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil te dire que le monde est beau que c'est beau
d'aimer ..."

Et le vent emportait sa voix brisée vers le soleil qui se levait enfin .
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# Posté le samedi 10 janvier 2009 09:17

Modifié le dimanche 22 février 2009 04:54