_ Elle garde précieusement son c½ur de lune alors que pour elle j'ai perdu mon c½ur de voyou. Elle m'a raconté que c'est parce qu'elle a retenu le secret des étoiles. Que c'étaient lors d'une ses nuits d'oublie, que les astres lui avait chuchoté le remède à ses blessures. Quand tout ne semblait plus trop avoir de sens, quand elle avait le blues et qu'elle allait se perdre dans la nuit, sortait tard le soir trimbaler ses émotions sous le ciel. Quand le petit papillon aux ailes fragiles, qu'elle était, se brûlait un peu trop aux lumières du soir. Vous savez, elle s'était laissé tomber dans le vide et avait accepté le pacte. Elle offrait ses nuits à des bouches anonymes, qui lui faisaient oublier ses questions en n'en posant pas. Ils prenaient son corps puisqu'elle n'avait rien d'autre à leur donner, parce que c'était tout ce qu'il lui restait. Mais elle existait dans leurs yeux, fantôme arrogant, et leur désir lui faisait un peu se sentir vivre. Alors, elle étouffait ses sentiments dans leurs mouvements de hanche, martelais leurs reins plutôt que son visage, prenait n'importe quoi plutôt que de tout perdre, puis elle se perdit elle-même, puisqu'il devait en être ainsi. Mais un soir de pleine lune, quand la nuit vient mourir sous le petit matin, la dernière étoile regarda l'arrogance délicate de cette petite funambule quelque peu désenchantée et lui révéla le mystère «Regarde moi, poupée de la nuit, ne suis-je pas belle ? Et pourtant ce qui attire les hommes ce n'est que ma lumière. Peut importe que je sois la dernière à briller devant l'aurore, que les planètes me préfèrent et que je sois amoureuse de la lune. Dans les yeux d'un homme, je suis une parmi tant d'autres. Alors pour ne pas être triste, toi aussi, ne t'attarde pas sur une seule lumière, même si elle brille un peu plus fort, car dans son éclat elle ne te voit même pas. »
...Il se tait un instant. Lui aussi, il avait été comme ça. De ces personnes qui faisaient parler d'elles, inconsciemment. De ces Don Juan, que tu croyais connaitre avant de leur avoir parlé, les orgueils blessés de leurs conquêtes passés racontant leur visage à qui veut bien l'entendre. Charismes qui attirent autant qu'on les renie, qui font tourner la tête, que possèdent ces inconnus sur lesquels on se retourne. Oui, il est de ces étoiles qui brillent si fort, qu'elles rendent le monde un peu plus flou, qu'on ne voit plus qu'elles, de celles où on se brûle. Alors, si tu le croisais au hasard d'une rue, ton regard l'accompagnerait. Tu le dévisagerais et songerais qu'il est beau. Peut être trop. Tu t'en méfierais délicieusement et tes yeux embrasseraient l'intéressé. Mais il resterait impassible, il n'y a rien en dehors : monsieur cache si bien ses émotions à l'intérieur.
...Il secoue sa tête, chasse ses souvenirs de joli c½ur. Un sourire triste.
_ Pauvre petite étoile. Je crois que la nuit a quelque chose de malsain mais tout aussi magique, comme si le temps s'était suspendu, intemporelle. Elle devrait un jour rencontrer le soleil et voir que parfois à l'aube, des personnes précieuses te regardent dormir. Oui, moi si j'étais le soleil, j'aimerai lui dire, à mon c½ur de lune, qu'il faut laisser une petite chance à l'amour. Que je pourrais être la surprise de sa vie. Celle qui chamboule, creuse le bide, explose les yeux, chatouille le c½ur. Sa peau au bout de mes doigts, ses lèvres qui me réclameraient et sa tête qui m'appartiendrait. Elle pourrait être celle dont je parlerais trop, ou dont je tairais l'existence pour la posséder un peu mieux. Me voit-elle sourire juste parce qu'elle serait près de moi ? Et mon regard qui la veillerait jusque dans son sommeil. Je lui écrirais des mots d'amour et serais une de ces belles choses qui lui soient arrivées. Moi, j'ai vendu mon âme de voleur, juste pour ton sourire. Alors accorde de moi cette danse, et aime, jolie môme. Aime.